Douleurs estomacs - crampes

« Mal d’estomac » recouvre au comptoir quatre plaintes qui n’ont ni la même mécanique ni le même conseil : la brûlure acide qui remonte, le ventre qui gonfle après le repas, la crampe qui serre, et l’air qu’on avale et qu’on renvoie. Poser laquelle des quatre vous concerne fait la moitié du travail.

Quatre gênes différentes derrière un même mot

Voici le protocole tel que nous le donnons à l’officine, rangé par type de gêne.

Type de gêneSouches et dilutionsPrise
Hyperchlorhydrie, c’est-à-dire trop d’acide dans l’estomacRobinia pseudo acacia 5 CH5 granules, 2 fois par jour
Argentum nitricum 5 CH + Sulfuricum acidum 5 CH5 granules de chaque, 1 jour sur 2
Iris versicolor 5 CH + Histaminum 5 CH5 granules de chaque, 1 jour sur 2
Flatulences, ventre qui gonfleLycopodium clavatum 5 CH5 granules tous les 2 jours
Carbo vegetabilis 5 CH + Raphanus sativus 5 CH5 granules de chaque, 2 fois par jour
Gastralgies, crampes de l’estomacCuprum aceticum 5 CH + Belladonna 5 CH + Chamomilla vulgaris 5 CH3 granules de chaque, 3 fois par jour
Aérophagie, renvoisKalium carbonicum 5 CH + Cuprum metallicum 5 CH + Nux moschata 5 CH3 granules de chaque, 3 fois par jour
Lycopodium clavatum 5 CH5 granules par jour

Une remarque sur Lycopodium, qui apparaît deux fois avec deux rythmes différents : 5 granules tous les deux jours sur les flatulences, 5 granules par jour sur l’aérophagie. Ce n’est pas une coquille, la fréquence suit la gêne.

Cuprum aceticum et Nux moschata ne sont pas au catalogue en ligne. Nous les préparons à la demande, via l’accès au préparatoire ou par téléphone au 01 45 67 18 08.

Si la gêne est d’abord une remontée acide jusqu’à la gorge, la page reflux gastriques et RGO est plus précise. Si c’est le ventre entier et le transit qui sont en cause, voyez ballonnements et lourdeurs digestives et mal de ventre et colopathie.

Ce qui fait sortir une gêne d’estomac du champ du conseil

Une dyspepsie banale se conseille au comptoir. Certains signes, eux, imposent une endoscopie haute et rien d’autre. Ils ne sont pas nombreux et méritent d’être connus :

  • une hémorragie digestive : vomissements de sang, ou selles noires comme du goudron ;
  • une difficulté à avaler qui s’aggrave, ou une douleur à la déglutition ;
  • des vomissements qui persistent ;
  • une perte de poids que rien n’explique ;
  • une anémie par carence en fer sans cause retrouvée ;
  • une masse abdominale ou un ganglion anormal ;
  • un antécédent personnel ou familial de cancer digestif haut ;
  • une dyspepsie apparue après 55 ans.

Source : Hôpitaux universitaires de Genève, stratégie de prise en charge de la dyspepsie, 2022, consulté le 17 août 2026.

Helicobacter pylori, ce qu’elle explique et ce qu’elle n’explique pas

Cette bactérie colonise l’estomac et y reste des décennies. En France, sa prévalence est en diminution et se situe entre 15 et 30 %, avec un net effet d’âge : moins de 20 % avant 30 ans, environ 50 % après 50 à 60 ans. Autrement dit, en être porteur est banal, et la majorité des porteurs n’auront jamais d’ulcère.

Ce que dit la donnéeChiffre
Prévalence en France, tous âges15 à 30 %, en diminution
Avant 30 ansMoins de 20 %
Après 50 à 60 ansEnviron 50 %
Part des ulcères duodénaux attribuables à la bactérieEnviron 95 %
Part des ulcères gastriquesEnviron 70 %
Risque d’adénocarcinome gastrique chez une personne infectée1 sur 100, après plusieurs décennies

La recherche de la bactérie est indiquée devant un ulcère actuel ou ancien, une dyspepsie chronique avec endoscopie normale, une anémie ferriprive inexpliquée ou un antécédent familial de cancer gastrique. Elle se fait par gastroscopie avec biopsies, ou sans endoscopie par sérologie, test respiratoire à l’urée ou recherche d’antigène dans les selles. Le traitement associe des antibiotiques et un inhibiteur de la pompe à protons pendant 10 à 14 jours, et le contrôle de l’éradication est systématique après chaque cure.

Le point le plus utile pour nos clients : une anémie par manque de fer sans explication justifie qu’on cherche cette bactérie. C’est le lien entre cette page et celle sur l’anémie et la fatigue. Source : Haute Autorité de Santé, « Helicobacter pylori, traiter pour prévenir ulcère et cancer chez l’adulte », consulté le 17 août 2026.

L’inhibiteur de la pompe à protons n’est pas un pansement au long cours

Devant une dyspepsie sans signe d’alarme, un traitement d’épreuve par IPP se conçoit, mais dans une fenêtre : 4 à 8 semaines au maximum, associées aux mesures d’hygiène de vie. Si la gêne persiste au bout de cette période, la bonne étape suivante n’est pas de prolonger l’IPP, c’est de rechercher Helicobacter pylori par test respiratoire ou antigène fécal, puis de traiter si le test est positif.

Nous voyons régulièrement des boîtes reconduites pendant des mois sans que personne n’ait jamais cherché la bactérie. C’est le principal gâchis sur ce sujet.

Ce que l’assiette change, concrètement

Les plats industriels, les préparations riches et très épicées et l’alcool entretiennent la gêne. Deux médicaments courants l’entretiennent aussi : l’aspirine et les anti-inflammatoires. Si vous en prenez régulièrement, c’est la première question à poser à votre médecin avant d’ajouter quoi que ce soit.

Ce qui passe le mieux, et que nous conseillons de remettre au centre de l’assiette :

  • légumes cuits et légumes secs, céréales et féculents ;
  • œufs à la coque ou durs, viandes et poissons maigres (bar, colin, dorade, limande, lieu, sole) ;
  • beurre et huiles crus plutôt que cuits ;
  • lait et fromages frais ou non fermentés ;
  • fruits frais et tartes aux fruits.

Côté tisane, une infusion de graines de fenouil associée à de la marjolaine rend service sur les renvois et le ventre gonflé. Nos tisanes et infusions se composent au détail, et un mélange sur mesure se prépare à l’officine.

Le stress, enfin, n’est pas un facteur secondaire sur ce terrain. Argentum nitricum figure d’ailleurs dans le protocole ci-dessus parce qu’il travaille exactement à cette jonction entre l’anticipation et l’estomac : voir stress et anxiété.

Ce que l’homéopathie ne remplace pas

  • L’endoscopie devant un signe d’alarme, qui ne se remplace par aucun conseil.
  • La recherche et l’éradication d’Helicobacter pylori quand elles sont indiquées.
  • Le traitement d’un ulcère avéré.
  • La révision d’un traitement par aspirine ou anti-inflammatoire, qui se discute avec le prescripteur et jamais seul.
  • L’IPP prescrit dans sa fenêtre de 4 à 8 semaines, qui reste le traitement d’épreuve de référence.

Quand consulter

  • Vomissements de sang, ou selles noires : urgence, sans attendre.
  • Difficulté à avaler qui s’installe ou qui s’aggrave.
  • Amaigrissement non voulu, perte d’appétit qui dure.
  • Première apparition d’une gêne d’estomac après 55 ans.
  • Douleur qui réveille la nuit ou qui se calme en mangeant puis revient à jeun.
  • Gêne persistant au-delà de quatre à huit semaines de traitement bien conduit.
  • Prise régulière d’aspirine, d’anti-inflammatoires ou de corticoïdes avec des douleurs gastriques.
  • Anémie découverte sur une prise de sang sans cause évidente.

À lire aussi : Homéopathie et nausées.

À lire aussi : Digestion difficile, les quatre approches.

Qui a rédigé cette page

Page rédigée par Jean-Luc GAILLARD, pharmacien, Pharmacie Homéopathique Générale, officine spécialisée en homéopathie et préparations magistrales à Paris.

Dernière mise à jour : 17 août 2026.

Sources : Haute Autorité de Santé, « Helicobacter pylori, traiter pour prévenir ulcère et cancer chez l’adulte », consulté le 17 août 2026. Hôpitaux universitaires de Genève, stratégie de prise en charge de la dyspepsie, 2022, consulté le 17 août 2026.

Ces informations sont données à titre informatif et ne constituent ni un diagnostic ni une prescription. Elles ne remplacent pas l’avis de votre médecin. Les médicaments homéopathiques cités relèvent d’un conseil officinal et ne dispensent ni de l’endoscopie devant un signe d’alarme, ni du traitement d’un ulcère ou d’une infection à Helicobacter pylori.

Une dose ou un tube, 5 ou 9 CH, avant ou après le repas : tout le mode d’emploi est dans notre guide de l’homéopathie.