Transpiration

Au comptoir, la première question n’est pas « combien transpirez-vous » mais « où ». Les aisselles, les mains, les pieds, le visage et les sueurs de la nuit ne relèvent ni des mêmes souches ni du même rythme de prise. Le tableau ci-dessous reprend, zone par zone, le conseil que nous donnons à l’officine.

Un rappel avant d’entrer dans le détail. La sueur est un mécanisme normal de régulation de la température et d’élimination, et elle sort du pore sans odeur. Ce sont les bactéries qui la dégradent à la surface de la peau qui produisent l’odeur. C’est toute la différence entre un déodorant, qui neutralise l’odeur, et un antitranspirant, qui réduit le volume de sueur. Les deux ne règlent pas le même problème.

Où vous transpirez détermine le conseil

Huit situations, huit réponses. Ce protocole est celui de notre comptoir, transposé tel quel.

SituationSouches et dilutionsPrise
Sueurs nocturnesMercurius solubilis 5 CH + Sambucus nigra 5 CH5 granules de chaque au coucher
Sueurs nocturnesChamomilla vulgaris 5 CH3 granules, 3 fois par jour
Mains et pieds moitesSilicea 5 CH5 granules tous les deux jours
Mains et pieds moitesNitricum acidum 5 CH + Sepia officinalis 5 CH + Thuya occidentalis 5 CH3 granules de chaque, 3 fois par jour
Aisselles, transpiration forteSilicea 5 CH5 granules tous les deux jours
Aisselles, transpiration forteSepia officinalis 5 CH + Petroleum 5 CH5 granules, 2 fois par jour, un jour l’un, un jour l’autre
Transpiration de la personne âgéeCalcarea carbonica ostrearum 5 CH + Sambucus nigra 5 CH5 granules de chaque, 2 fois par jour
Sueurs de la faceBelladonna 5 CH + Chamomilla vulgaris 5 CH3 granules de chaque, 2 fois par jour

Deux précisions de lecture. « Un jour l’un, un jour l’autre » veut dire que les deux souches alternent d’un jour sur l’autre, elles ne se prennent pas ensemble. Et pour les couples pris simultanément, laissez une minute entre les deux prises, le temps que les granules fondent sous la langue.

Sambucus nigra en granules ne figure pas au catalogue en ligne. Nous le préparons à la demande : passez par l’accès au préparatoire ou appelez l’officine au 01 45 67 18 08.

Hyperhidrose primaire ou transpiration secondaire

C’est la distinction qui commande tout le reste, et elle se fait sur trois éléments simples : l’âge de début, l’étendue, et la présence ou non pendant le sommeil.

 Hyperhidrose primaireTranspiration secondaire
ÉtendueFocale : aisselles, paumes, plantes, front. Les formes généralisées ne représentent qu’environ 10 % des casGénéralisée, sur la majeure partie du corps
Âge de débutDans l’enfance, accentuation à la puberté, en règle avant 25 ans. Tendance à régresser après 40 ansÀ tout âge, souvent d’installation récente
Pendant le sommeilAbsente. C’est le critère le plus discriminantPrésente, y compris la nuit
TerrainFacteur familial retrouvé chez environ 25 % des personnes concernéesMénopause, hyperthyroïdie, infection dont la tuberculose, lymphome et autres cancers, maladie de Parkinson, surpoids et obésité, troubles anxieux et attaques de panique, certains médicaments comme les antidépresseurs ou le tamoxifène
SymétrieSymétriqueUne asymétrie oriente vers une cause neurologique

Sources : Manuel MSD, édition professionnelle, chapitre Hyperhidrose, et ameli.fr, dossier Hypersudation, consultés le 17 août 2026.

Les sueurs de la nuit ne se traitent pas comme des mains moites

Une hyperhidrose primaire s’arrête pendant le sommeil. Transpirer la nuit, au point de devoir changer de vêtement ou de drap, ne rentre donc pas dans ce cadre et demande qu’on cherche une cause avant tout autre chose. La ménopause en est la plus fréquente, et elle a sa propre page : voir bouffées de chaleur. Viennent ensuite l’hyperthyroïdie, les infections, certains médicaments.

Trois signes réunis imposent un avis médical rapide, sans attendre de voir si le conseil homéopathique agit : des sueurs nocturnes abondantes, une fièvre persistante au-delà de 38 °C et un amaigrissement de plus de 10 % du poids du corps. Cette association porte un nom en hématologie, les signes généraux dits symptômes B, et elle fait partie du tableau d’appel des lymphomes (Fondation ARC pour la recherche sur le cancer).

Cela ne retire rien à la ligne « sueurs nocturnes » du tableau ci-dessus. Elle garde son intérêt pour le confort de la nuit, en accompagnement. Elle ne remplace pas le bilan qui dira d’où viennent ces sueurs.

Le geste qui change le plus de choses n’est pas homéopathique

Autant le dire franchement : sur une hyperhidrose axillaire installée, le produit qui pèse le plus lourd est l’antitranspirant aux sels d’aluminium, et il se vend sans ordonnance. Le chlorure d’aluminium hexahydraté est utilisé à des concentrations de 6 à 20 % en première intention. Le mode d’emploi conditionne le résultat autant que la concentration :

  1. appliquer sur peau parfaitement sèche, au coucher, jamais après la douche ni sur peau irritée ou juste rasée ;
  2. rincer au réveil, après 6 à 8 heures de pose ;
  3. renouveler tous les soirs jusqu’à ce que la sudation se normalise, puis espacer à une application toutes les 1 à 3 semaines.

La sensation de picotement au début est fréquente. Elle diminue si l’on respecte la peau sèche et le rinçage matinal. Source : ameli.fr, Hypersudation, quel traitement, consulté le 17 août 2026.

À cela s’ajoutent quatre habitudes qui ne coûtent rien :

  1. une toilette quotidienne au savon surgras ou au syndet ;
  2. une épilation régulière des aisselles, qui prive les bactéries du support où elles prolifèrent ;
  3. des vêtements en coton, en lin ou en laine plutôt qu’en synthétique ;
  4. éviter le noir, qui accumule la chaleur, et les coupes serrées sous les bras.

L’échelle des traitements quand la transpiration résiste

Il existe une gradation reconnue, et savoir où l’on se situe évite d’enchaîner des essais sans logique.

PalierTraitementCe qu’il faut en attendre
1Chlorure d’aluminium hexahydraté 6 à 20 %, anticholinergiques en application localeSans ordonnance pour l’antitranspirant. Résultat en une à deux semaines d’applications quotidiennes
2Ionophorèse à l’eau du robinet, surtout mains et piedsEnviron une dizaine de séances de 20 minutes pour un résultat satisfaisant, puis des séances d’entretien espacées
2Anticholinergiques par voie orale, clonidineSur prescription, avec des effets indésirables qui limitent souvent l’usage au long cours
3Toxine botulique en injectionsRéservée aux formes sévères. Effet de trois à six mois, séances renouvelées en général tous les 6 mois. Accord préalable de l’Assurance Maladie nécessaire
4Sympathectomie thoracique par voie endoscopiqueDernier recours, sur hypersudation sévère résistante aux traitements locaux. Risque de sudation compensatrice sur d’autres zones, rapporté jusqu’à 80 % des cas

Sources : ameli.fr, Hypersudation, et Manuel MSD, édition professionnelle, consultés le 17 août 2026.

Ce que l’homéopathie ne remplace pas

Le protocole du tableau s’adresse à une gêne fonctionnelle, sur une transpiration primaire déjà identifiée comme telle. Il ne se substitue à rien de ce qui suit :

  • le bilan d’une transpiration généralisée ou nocturne, qui relève d’un examen clinique et souvent d’une prise de sang ;
  • le traitement d’une hyperthyroïdie, d’une infection ou de toute autre cause retrouvée ;
  • l’antitranspirant, qui reste le premier palier sur les aisselles ;
  • l’ajustement d’un médicament en cause, qui ne se décide jamais seul : un antidépresseur ou un traitement hormonal ne s’arrête pas parce qu’il fait transpirer.

Quand la transpiration est déclenchée par le trac, l’appréhension ou une émotion vive, ce n’est plus la glande qu’il faut viser mais le terrain : voir stress et anxiété, émotivité et angoisse. Si les sueurs cassent les nuits sans cause retrouvée, la page sommeil complète utilement.

Quand consulter

  • Transpiration apparue récemment chez un adulte qui ne transpirait pas plus que la moyenne jusque-là.
  • Sueurs nocturnes abondantes, a fortiori avec fièvre, amaigrissement, ganglions palpables ou toux qui dure.
  • Transpiration généralisée, sur tout le corps, plutôt que localisée à deux ou trois zones.
  • Transpiration franchement asymétrique, d’un seul côté.
  • Palpitations, tremblement, amaigrissement avec appétit conservé, qui font évoquer une hyperthyroïdie.
  • Retentissement professionnel ou social qui ne cède pas malgré un antitranspirant bien utilisé pendant un mois : c’est le moment de parler ionophorèse et toxine botulique avec un dermatologue.
  • Macération, rougeur et démangeaison entre les orteils ou sous les bras, qui font suspecter une mycose surajoutée.

Jaborandi, les mains moites en permanence

Jaborandi est la souche des personnes qui ont les mains moites toute l’année. Sa fiche couvre la sudation excessive, l’hypersalivation et la fatigue oculaire, trois motifs qu’elle traite ensemble.

Qui a rédigé cette page

Page rédigée par Jean-Luc GAILLARD, pharmacien, Pharmacie Homéopathique Générale, officine spécialisée en homéopathie et préparations magistrales à Paris.

Dernière mise à jour : 17 août 2026.

Sources : Assurance Maladie, ameli.fr, dossier « Hypersudation » (définition, causes, évolution et traitements), consulté le 17 août 2026. Manuel MSD, édition professionnelle, chapitre « Hyperhidrose », consulté le 17 août 2026. Fondation ARC pour la recherche sur le cancer, « Quels sont les symptômes d’un lymphome hodgkinien », consulté le 17 août 2026.

Ces informations sont données à titre informatif et ne constituent ni un diagnostic ni une prescription. Elles ne remplacent pas l’avis de votre médecin. Les médicaments homéopathiques cités relèvent d’un conseil officinal et ne dispensent pas du traitement des causes d’une transpiration secondaire.

Les règles communes à toutes les souches, formats, dilutions et moment de la prise, sont réunies dans notre guide de l’homéopathie.