Plantes et bouffées de chaleur

En phytothérapie, la question n’est pas seulement quelle plante, mais sous quelle forme. Une même plante donne un résultat différent selon qu’elle arrive en macérat de bourgeon, en extrait fluide standardisé ou en teinture mère. Les trois se dosent différemment, agissent sur des délais différents, et ne se choisissent pas pour les mêmes raisons. Voilà ce qui distingue nos trois références sur les bouffées de chaleur de la ménopause.

La question hormonale se règle avant de choisir une plante

Cette question disqualifie certaines options quel que soit le confort recherché. La sauge et l’actée à grappes ne se conseillent pas seules en cas d’antécédent de cancer du sein, de cancer hormonodépendant, ou de traitement anti hormonal en cours. Ces situations demandent l’avis du médecin qui suit le traitement, pas un conseil de comptoir.

L’actée à grappes appelle une seconde réserve, indépendante de la première. Des atteintes hépatiques ont été rapportées sous cette plante, au point que l’ANSM a diffusé une communication à ce sujet et que la Pharmacopée américaine recommande de faire figurer un avertissement sur les produits en contenant. Elle est contre indiquée en cas de maladie du foie, et n’a pas sa place chez une personne déjà sous un traitement hépatotoxique.

Trois formes végétales, trois logiques de prise

FormeCe que c’estComment elle se prendQuand la préférer
Macérat de bourgeon
(gemmothérapie)
Le bourgeon frais macéré, partie de la plante qui concentre les tissus en croissanceEn gouttes, dans un peu d’eau, en dehors des repas. Cures longues.Terrain de fond, quand on vise la durée plutôt que le soulagement immédiat
Extrait de plantes fraîches standardisé
(EPS)
Un extrait dosé, titré, dont la teneur en principes actifs est garantie d’un lot à l’autreEn millilitres, à la cuillère, souvent dilué dans un verre d’eauQuand on veut une teneur reproductible et un dosage précis
Teinture mèreLa plante entière macérée dans l’alcool, forme la plus ancienne et la plus concentrée en alcoolEn gouttes, diluées dans de l’eauQuand la plante n’existe pas dans les autres formes. À éviter en cas de contre indication à l’alcool.

Les trois plantes de notre rayon, et ce que la donnée en dit

Le bourgeon d’airelle rouge est le seul des trois dont la posologie est publiée sur sa fiche, et elle illustre bien la logique de la gemmothérapie : 5 à 10 gouttes le matin à jeun en usage préventif, ou 5 gouttes trois fois par jour en dehors des repas quand la gêne est installée. Chez l’enfant, la règle est d’une goutte par année d’âge, ce qui n’a pas d’application ici mais dit quelque chose de la douceur de la forme.

L’actée à grappes est la plante la plus étudiée sur ce symptôme, et la plus discutée. Une revue systématique de seize essais randomisés n’a pas retrouvé de différence significative sur la fréquence des bouffées, tandis qu’une méta analyse en réseau conclut à une diminution des symptômes vasomoteurs par rapport au placebo, sans atteindre l’efficacité du traitement hormonal. Les essais ont travaillé autour de 40 mg par jour d’extrait. Nous préférons le dire ainsi plutôt que de promettre un résultat : la donnée est partagée, l’expérience de comptoir est plutôt favorable, et les deux méritent d’être connues.

La sauge sclarée en EPS est traditionnellement retenue pour les bouffées accompagnées de sueurs, en particulier nocturnes. Elle n’a pas de posologie publiée sur sa fiche, pas plus que l’actée à grappes : dans ces deux cas, appelez nous au 01 45 67 18 08 plutôt que de transposer le dosage d’une autre référence. Une posologie de teinture mère ne se déduit pas de celle d’un EPS, et l’inverse non plus.

Traitement hormonal ou plantes : comment se décide le choix

Le traitement hormonal de la ménopause reste le plus efficace sur les bouffées, et les plantes se placent sur les formes modérées, ou quand il est contre-indiqué. Une femme très gênée, dont le sommeil et la vie sociale sont atteints, gagne à en parler à son médecin plutôt qu’à enchaîner les cures. Bouffées de chaleur, le protocole de notre comptoir compare l’ensemble des approches et détaille pour qui le traitement hormonal se discute.

Quand les sueurs nocturnes gâchent surtout les nuits, la question devient celle du sommeil : voyez plantes et sommeil et compléments et sommeil. Et si la ménopause s’accompagne d’une fatigue installée, compléments et fatigue traite la question des carences.

Quand une bouffée n’en est pas une

Toute sensation de chaleur avec sueurs n’est pas ménopausique. Justifient un avis médical : des sueurs nocturnes qui trempent les draps et s’accompagnent d’un amaigrissement, d’une fièvre ou de ganglions ; des bouffées survenant avant 40 ans ; des bouffées chez un homme ; des palpitations marquées ou un tremblement avec perte de poids, qui font penser à la thyroïde ; et toute apparition brutale sous un nouveau médicament.

Un mélange de plantes adapté à votre situation se prépare à l’officine, après un point sur ce que vous prenez déjà.

Qui a rédigé cette page

Page rédigée par Jean-Luc GAILLARD, pharmacien, Pharmacie Homéopathique Générale, officine spécialisée en homéopathie et préparations magistrales à Paris.

Dernière mise à jour : 17 août 2026.

Sources : Manuel MSD, version professionnelle, monographie actée à grappes noires (données d’efficacité et contre indications) ; ANSM, communication sur l’actée à grappes et les atteintes hépatiques ; fiches produit de nos références pour les posologies publiées.

Un doute sur la forme à choisir, gemmothérapie, extrait fluide ou tisane : nos pharmaciens répondent au 01 45 67 18 08, du lundi au samedi.