Homéopathie, bleus et hématomes

Sur un bleu, la seule chose qui se joue à la minute près, c’est la dose d’arnica 9 CH. Prise dans les instants qui suivent le choc, elle limite l’épanchement. Prise le lendemain, elle ne sert plus à grand-chose. Tout le reste du protocole se déroule ensuite sur cinq à six jours, et se choisit non pas sur l’intensité du bleu mais sur l’endroit où il se trouve.

Le froid d’abord, les granules ensuite

Avant toute prise, le geste qui compte est mécanique : de la glace enveloppée dans un linge, jamais à même la peau, appliquée dès le choc par périodes de quinze à vingt minutes. Le froid ralentit la conduction de la douleur et resserre les vaisseaux, ce qui limite la quantité de sang qui s’échappe sous la peau. C’est ce volume initial qui détermine la taille du bleu et le temps qu’il mettra à disparaître. L’homéopathie prend le relais sur les jours suivants, une fois le froid appliqué.

Le protocole, dans l’ordre chronologique

Les deux premières lignes forment le socle commun à tous les hématomes. Les suivantes s’y ajoutent selon la localisation, elles ne la remplacent pas.

Moment ou situationSouche et dilutionPrise
Dès le chocArnica montana 9 CH1 dose, immédiatement
Les jours suivantsArnica montana 5 CH5 granules, 3 fois par jour, pendant 5 à 6 jours
Hématome du visage, œil au beurre noirajouter Ledum palustre 5 CH5 granules, 3 fois par jour
Hématome corporelajouter Hypericum perforatum 5 CH3 granules, 3 fois par jour
Induration douloureuse au seinajouter Conium maculatum 5 CH5 granules, 1 fois par jour
Douleurs osseuses associéesajouter Ruta graveolens 5 CH et Symphytum officinale 5 CH3 granules de chaque, 3 fois par jour
Ecchymoses qui traînentSulfuricum acidum 5 CH et Ledum palustre 5 CH5 granules de chaque, 3 fois par jour

Pourquoi la localisation change la souche

C’est la logique la moins évidente du tableau, et celle qui fait la différence entre un conseil appris par cœur et un conseil compris.

Ledum palustre répond aux zones peu charnues, où l’os affleure sous la peau : le pourtour de l’œil, l’arête du nez, la crête du tibia. C’est aussi lui que l’on retient quand le bleu s’éternise et vire au jaune verdâtre sans s’effacer, associé alors à sulfuricum acidum.

Hypericum perforatum vise au contraire les territoires riches en terminaisons nerveuses, quand la douleur irradie ou lance à distance du point d’impact. Ruta graveolens et symphytum ne concernent ni la peau ni le muscle mais le périoste, cette membrane douloureuse qui recouvre l’os : d’où leur place quand le choc a porté directement sur un tibia, un coude ou une côte.

Ce que le bleu ne doit pas faire

Un hématome normal évolue selon une séquence prévisible : rouge violacé, puis bleu, puis vert, puis jaune, avant de disparaître en une à trois semaines selon sa taille et sa profondeur. Il diminue. Il ne grossit pas.

Justifient un avis médical, sans attendre la fin du protocole :

  • un hématome de plus de cinq centimètres, ou qui gonfle au lieu de se résorber ;
  • toute ecchymose survenant sous anticoagulant ou antiagrégant ;
  • autour de l’œil : une baisse de vision, une vision double, une gêne à bouger l’œil ou une pupille anormale, qui relèvent de l’urgence ophtalmologique et non du comptoir ;
  • au sein : une induration qui persiste au delà de quelques semaines, même après un choc bien identifié, doit être explorée. Un hématome ne doit jamais servir d’explication commode ;
  • sur un membre : une douleur qui devient disproportionnée, avec un segment tendu, dur, et des fourmillements ;
  • des bleus qui apparaissent sans choc, en plusieurs endroits, ou qui se répètent : là, ce n’est plus le bleu qu’il faut traiter, c’est la coagulation qu’il faut explorer.

Les autres approches du bleu et de l’hématome

Le gel à l’arnica, l’huile essentielle d’hélichryse d’Italie et les compléments à visée circulatoire répondent au même problème par d’autres voies, avec leurs précautions propres sous anticoagulant. Bleus et hématomes, le conseil de nos pharmaciens les compare et indique par laquelle commencer.

L’arnica montana du tableau sert également aux jambes lourdes avec bleus faciles, en 5 CH mais sur un autre rythme. Et quand le choc a porté sur une articulation plutôt que sur les parties molles, voyez crampes et douleurs musculaires.

À lire aussi : Homéopathie et mal de dos.

Protéochoc, quand le choc laisse des traces

Sur un hématome installé ou une contusion qui met du temps à s’effacer, nous proposons souvent Protéochoc du laboratoire PiLeJe en complément de l’arnica. C’est un complément alimentaire à base d’un extrait d’algue rouge, le Porphyral HSP, et d’huile de bourrache. Les allergènes et la question de l’iode sont détaillés sur sa fiche.

Quand la forme disponible ne convient pas, la préparation se réalise à la demande à l’officine.

Qui a rédigé cette page

Page rédigée par Jean-Luc GAILLARD, pharmacien, Pharmacie Homéopathique Générale, officine spécialisée en homéopathie et préparations magistrales à Paris.

Dernière mise à jour : 17 août 2026.

Sources : Manuel MSD, version professionnelle, chapitres contusions et traumatismes de l’orbite ; Assurance Maladie, conduite à tenir devant un traumatisme fermé.

Un doute sur la souche ou la dilution à retenir : nos pharmaciens répondent au 01 45 67 18 08, du lundi au samedi.

Les règles communes à toutes les souches, formats, dilutions et moment de la prise, sont réunies dans notre guide de l’homéopathie.