Plantes et hémorroïdes

Sur les hémorroïdes, la phytothérapie travaille sur deux voies qui ne se remplacent pas. La pommade agit là où ça fait mal, dans la journée. L’extrait pris par la bouche agit sur la paroi veineuse, sur plusieurs semaines. Prendre l’un sans l’autre explique la plupart des cures jugées décevantes.

La voie locale calme, la voie générale tient

Une pommade à l’aesculus ou au ratanhia soulage la brûlure et la congestion dans l’heure qui suit l’application. Son effet dure quelques heures, et s’arrête avec elle. C’est un traitement de crise, à appliquer après la selle et le soir, sur une peau propre et sèche.

Les extraits pris par voie orale font autre chose. Ils tonifient la paroi et réduisent la perméabilité capillaire, ce qui diminue la congestion de fond. Rien ne se sent le premier jour. L’effet se juge sur trois à six semaines, à la fréquence des poussées.

Nos veinotoniques végétaux, et lequel choisir

PlanteFormeCe qu’elle vise en priorité
Marron d’IndeExtrait standardiséLa plante la mieux documentée sur l’insuffisance veineuse. Premier choix.
Vigne rougeExtrait standardiséSensation de congestion et de chaleur
MélilotExtrait standardiséComposante œdémateuse, jambes qui gonflent aussi
Bourgeon de marronnierMacérat de bourgeonTerrain, cures longues et douces
Bourgeon de noyerMacérat de bourgeonTerrain digestif associé, quand le transit entretient les crises

Le marron d’Inde n’arrive pas en tête par tradition. Une revue Cochrane consacrée à l’extrait de graine de marron d’Inde conclut à une amélioration à court terme des symptômes de l’insuffisance veineuse chronique, douleur et sensation de jambes lourdes comprises, avec une bonne tolérance. C’est peu fréquent en phytothérapie veineuse, et cela justifie de commencer par là.

Le choix du bourgeon de noyer dit quelque chose

Sa place ici n’est pas circulatoire. On le retient quand les crises reviennent chez quelqu’un dont le transit est irrégulier, parce que c’est ce transit qui entretient la congestion. Traiter la veine sans traiter la selle, sur ce profil, ne tient pas dans le temps.

Précautions

Les veinotoniques par voie orale ne se prennent pas pendant la grossesse ni l’allaitement sans avis médical, alors même que la grossesse est une période de crises fréquentes. Sous anticoagulant, le mélilot demande un avis : il contient des coumarines. Les pommades s’appliquent sur une muqueuse fragile, sans dépasser les durées indiquées sur la notice, et jamais sur une lésion qui saigne ou suinte sans avis.

Les posologies figurent sur chaque fiche produit. En cas de doute, appelez nous au 01 45 67 18 08.

Ce que les plantes ne font pas

Elles ne régularisent pas le transit, et c’est lui qui décide de la fréquence des crises. Elles ne traitent pas une thrombose hémorroïdaire, cette tuméfaction dure et bleutée apparue brutalement, qui relève d’une consultation rapide. Et elles n’expliquent jamais un saignement : après 50 ans surtout, du sang dans les selles se documente avant de s’attribuer à des hémorroïdes.

À voir aussi

L’arbitrage entre crise et terrain, avec le point sur le saignement et le dépistage, est sur hémorroïdes, crise et terrain. Le protocole par les souches est sur hémorroïdes et homéopathie.

Le marron d’Inde, la vigne rouge et le mélilot servent le même terrain veineux aux jambes : voyez veinotoniques naturels et jambes lourdes et jambes lourdes, le conseil de nos pharmaciens. Sur le transit, psyllium et fibres de lest traite la cause la plus fréquente des récidives.

Qui a rédigé cette page

Page rédigée par Jean-Luc GAILLARD, pharmacien, Pharmacie Homéopathique Générale, officine spécialisée en homéopathie et préparations magistrales à Paris.

Dernière mise à jour : 17 août 2026.

Sources : Revue Cochrane, extrait de graine de marron d’Inde dans l’insuffisance veineuse chronique ; Manuel MSD, version professionnelle, maladie hémorroïdaire ; fiches produit de nos références.

Un doute sur la forme à choisir, gemmothérapie, extrait fluide ou tisane : nos pharmaciens répondent au 01 45 67 18 08, du lundi au samedi.