Gingivite
Une gencive qui saigne au brossage n’est pas une gencive qu’il faut brosser moins. C’est le réflexe le plus répandu et le plus contre-productif que nous voyons au comptoir. Le saignement est le signe que la plaque s’accumule à la jonction de la dent et de la gencive, et la seule chose qui le fasse céder, c’est de retirer cette plaque.
Tant qu’on est au stade de la gingivite, tout est réversible. Passée la ligne suivante, ça ne l’est plus.
La ligne à ne pas franchir
| Gingivite | Parodontite | |
|---|---|---|
| Ce qui est atteint | La gencive seule | L’os qui entoure et soutient la dent |
| Réversibilité | Réversible : la gencive redevient saine une fois la plaque éliminée | La perte osseuse ne se récupère pas |
| Signes | Bord gingival rouge, papilles gonflées, saignement facile, en règle sans douleur | Déchaussement, dents mobiles ou qui changent de position, mauvais goût persistant |
| Ce qui la fait céder | Détartrage et hygiène rigoureuse suffisent en général | Traitement parodontal, surfaçage, suivi spécialisé |
Ce tableau est la raison d’être de cette page. Une gingivite laissée en l’état pendant des mois ne reste pas une gingivite. Source : Manuel MSD, édition professionnelle, chapitres Gingivite et Parodontite, consultés le 17 août 2026.
Ce qui retire la plaque, et rien d’autre ne le fait
Aucun granule, aucun bain de bouche ne décolle la plaque. Le geste mécanique reste la base, et il obéit à des règles précises :
- brossage au moins deux fois par jour, deux minutes minimum, dont impérativement celui du soir ;
- mouvement du rouge vers le blanc, c’est-à-dire de la gencive vers la dent, jamais l’inverse ;
- brosse souple à petite tête, changée tous les trois mois, ou plus tôt dès que les poils s’écartent ;
- fil dentaire ou brossettes interdentaires après le brossage : c’est là que la plaque résiste ;
- détartrage par un professionnel, personne ne le fait chez soi sans risque ;
- consultation dentaire au moins une fois par an, deux fois en cas de diabète, d’infection par le VIH, de sécheresse buccale ou à la ménopause.
Deux facteurs pèsent lourd et ne relèvent pas de la brosse : le tabac, qui augmente fortement le risque de gingivite, et le grignotage sucré. Sur le premier, notre page arrêt du tabac donne les appuis disponibles. Source : ameli.fr, Prévenir la maladie des gencives, consulté le 17 août 2026.
Côté produits d’hygiène, nous délivrons le dentifrice Homéodent, compatible avec un traitement homéopathique, ainsi qu’un bain de bouche à la propolis blanche et la teinture mère de myrrhe, traditionnellement employée sur les gencives fragiles. Ces produits accompagnent le brossage, ils ne le remplacent pas.
Le protocole de notre comptoir, forme par forme
Le fond du conseil est le même pour toute gingivite. Ce qui change, c’est ce qu’on y ajoute selon la présentation.
| Situation | Souches et dilutions | Prise |
|---|---|---|
| Toute gingivite, socle du conseil | Calendula officinalis en teinture mère, en bain de bouche | 10 gouttes dans un demi-verre d’eau tiède, 3 fois par jour |
| Cinnamomum zeylanicum 5 CH + Borax 5 CH | 3 granules de chaque, 3 fois par jour | |
| Mercurius cyanatus 5 CH | 5 granules par jour | |
| Gingivite au moment des règles, en plus du socle | Chamomilla vulgaris 5 CH + Sepia officinalis 5 CH | 3 granules, 3 fois par jour |
| Gingivite associée à un herpès buccal | Rhus toxicodendron 5 CH + Hydrastis canadensis 5 CH + Capsicum annuum 5 CH | 3 granules de chaque, 3 fois par jour |
| Gingivite hémorragique | China rubra 5 CH | 3 granules, 3 fois par jour |
| Crotalus horridus 5 CH + Kreosotum 5 CH + Arnica montana 5 CH | 3 granules de chaque, 3 fois par jour | |
| Gingivite ulcéreuse (voir l’avertissement ci-dessous) | Mercurius corrosivus 5 CH + Arsenicum album 5 CH + Nitricum acidum 5 CH + Lachesis mutus 5 CH | 3 granules de chaque, 4 fois par jour |
Cinnamomum zeylanicum, Capsicum annuum, Crotalus horridus et Kreosotum ne sont pas au catalogue en ligne. Nous les préparons à la demande : accès au préparatoire ou 01 45 67 18 08.
Quand la gencive est prise dans une poussée d’herpès, la page herpès traite le fond du sujet, et aphtes couvre les ulcérations isolées de la muqueuse, qui n’ont rien à voir avec une gingivite.
La forme ulcéreuse n’est pas une variante, c’est une urgence
La gingivite ulcéronécrotique aiguë est une infection à progression rapide. Elle se reconnaît sans ambiguïté : gencive très douloureuse et hémorragique, ulcérations en emporte-pièce sur les papilles entre les dents, pseudomembrane grise qui recouvre les lésions, haleine fétide, salivation abondante, parfois fièvre, malaise et ganglions du cou.
Elle survient sur un terrain particulier : tabagisme, stress, privation de sommeil, hygiène défaillante, carences, immunodépression. Le traitement est un débridement doux réalisé par le chirurgien-dentiste, associé à des bains de bouche antiseptiques et, si le débridement doit être différé, à des antibiotiques par voie orale. L’amélioration survient en 24 à 48 heures.
Autrement dit, la dernière ligne du tableau ne se prend jamais seule. Elle accompagne une prise en charge dentaire qui, elle, se déclenche le jour même. Source : Manuel MSD, édition professionnelle, Gingivite ulcéronécrotique aiguë, consulté le 17 août 2026.
Une variante plus courte circule aussi à notre comptoir, sur une gingivite banale que l’on veut faire céder vite : Mercurius sol 9 CH et Arsenicum album 5 CH, 3 granules de chaque 3 fois par jour pendant 10 jours. Elle ne se cumule pas avec le socle du tableau, elle le remplace.
Pourquoi la même bouche saigne à certaines périodes et pas à d’autres
La plaque explique le mécanisme, le terrain explique le moment. C’est exactement pour cela que le protocole comporte une ligne « au moment des règles » : ce n’est pas une coquetterie, l’imprégnation hormonale modifie la réponse de la gencive à une quantité de plaque inchangée.
- Hormones : puberté, cycle menstruel, grossesse, ménopause, contraception orale. Voir règles douloureuses et bouffées de chaleur.
- Diabète : le lien joue dans les deux sens. Le diabète favorise gingivite et parodontite, et une infection des gencives déséquilibre en retour la glycémie. Les soins bucco-dentaires du patient diabétique sont pris en charge à 100 % au titre de l’affection de longue durée.
- Carences : vitamine C, vitamine PP.
- Médicaments : ciclosporine, nifédipine, phénytoïne provoquent un gonflement gingival caractéristique. Aucun ne s’arrête sans l’avis du prescripteur.
- Immunodépression, leucémie, infection par le VIH.
Sources : Manuel MSD, édition professionnelle, chapitre Gingivite, et ameli.fr, complications du diabète au niveau des dents et des gencives, consultés le 17 août 2026.
Ce que l’homéopathie ne remplace pas
- Le détartrage, seul geste qui élimine le tartre déjà formé.
- Le brossage biquotidien et le nettoyage interdentaire, qui sont le traitement de fond.
- La consultation dentaire devant un déchaussement ou une dent mobile : à ce stade, ce n’est plus une gingivite.
- La prise en charge en urgence d’une forme ulcéronécrotique.
- L’équilibration d’un diabète, dont dépend une partie du résultat.
Une gingivite qui ne cède pas malgré un brossage irréprochable pendant deux à trois semaines n’est pas une gingivite à laquelle il manque une souche. C’est une gingivite dont la cause est ailleurs, ou qui a déjà changé de stade.
Quand consulter
- Saignement qui persiste au-delà de deux à trois semaines de brossage bien conduit.
- Dents qui bougent, qui se déplacent ou qui paraissent plus longues qu’avant.
- Douleur gingivale intense, ulcérations grisâtres entre les dents, haleine très fétide : consultation le jour même.
- Fièvre, ganglions du cou, malaise associés à une atteinte de la bouche.
- Gonflement gingival apparu après l’introduction d’un médicament.
- Abcès, pus au collet d’une dent.
- Diabète connu avec des gencives qui saignent : le sujet se traite des deux côtés à la fois.
- Aucun détartrage depuis plus d’un an.
Qui a rédigé cette page
Page rédigée par Jean-Luc GAILLARD, pharmacien, Pharmacie Homéopathique Générale, officine spécialisée en homéopathie et préparations magistrales à Paris.
Dernière mise à jour : 17 août 2026.
Sources : Manuel MSD, édition professionnelle, chapitres « Gingivite », « Parodontite » et « Gingivite ulcéronécrotique aiguë », consultés le 17 août 2026. Assurance Maladie, ameli.fr, « Prévenir la maladie des gencives » et « Les complications du diabète au niveau des dents et des gencives », consultés le 17 août 2026.
Ces informations sont données à titre informatif et ne constituent ni un diagnostic ni une prescription. Elles ne remplacent ni l’examen ni les soins de votre chirurgien-dentiste. Les médicaments homéopathiques cités relèvent d’un conseil officinal d’accompagnement et n’éliminent pas la plaque dentaire.
Les règles communes à toutes les souches, formats, dilutions et moment de la prise, sont réunies dans notre guide de l’homéopathie.

