Rhume - nez bouché

Un rhume ne ressemble pas, le troisième jour, à ce qu’il était le premier. Au comptoir, nous voyons défiler les mêmes personnes à des moments différents de la même histoire : celle qui éternue en rafale depuis le matin avec le nez qui pique, celle qui vide une boîte de mouchoirs parce que son nez coule comme un robinet, celle qui dort la bouche ouverte, le nez bouché et sec, et celle qui mouche épais depuis deux jours et ne sent plus le goût du café. Ce sont quatre stades, et ils n’appellent pas la même souche.

C’est pour cela que notre première question porte sur le moment. Depuis quand, et à quoi ressemble votre nez aujourd’hui ? Dès les premiers éternuements, nous conseillons Allium cepa composé, 3 granules toutes les heures jusqu’à amélioration. Si le nez se bouche et reste sec, nous passons à Lycopodium et Sambucus nigra en 4 CH. Si l’écoulement s’épaissit et que le goût s’en va, à Pulsatilla et Kalium sulfuricum en 5 CH. Et dès qu’il y a de la température, Pyrogenium 5 CH s’ajoute au reste.

Un rhume change de visage en quelques jours

Le rhume suit une chronologie assez régulière, et la connaître évite de s’inquiéter à tort. L’Assurance Maladie la décrit ainsi : d’abord un malaise général, fatigue, frissons, tête lourde. Dans les heures qui suivent, une sécheresse ou une brûlure à l’arrière du nez, des démangeaisons, des éternuements, les yeux qui pleurent. Puis le nez se bouche et laisse couler un liquide clair, aqueux, parfois abondant.

Après deux ou trois jours, l’écoulement s’épaissit et prend une couleur jaune-verdâtre, parfois avec des stries de sang. Ce n’est pas du pus : cette couleur vient des cellules de la muqueuse qui se renouvellent, et elle ne signe pas une infection bactérienne. L’écoulement redevient ensuite plus clair, diminue, et le nez se débouche. L’ensemble dure de 5 à 20 jours selon les personnes, avec peu ou pas de fièvre, autour de 38 °C, et un adulte peut en faire jusqu’à quatre par an (ameli.fr, décembre 2024).

Le rhume est d’origine virale et contagieux. La vie en collectivité, au bureau comme à l’école, favorise sa transmission.

La souche suit le stade du rhume

Nous donnons les souches dans l’ordre où les signes apparaissent le plus souvent, du premier éternuement au nez qui se débouche.

  • Allium cepa composé : le rhume du premier jour, avec éternuements, nez qui pique et qui commence à couler ; 3 granules toutes les heures jusqu’à amélioration.
  • Arum triphyllum 5 CH : écoulement nasal important, le nez qui coule sans arrêt et des muqueuses très rouges ; 5 granules 2 fois par jour.
  • Lycopodium 4 CH et Sambucus nigra 4 CH : nez sec et obstrué, qui ne coule plus mais ne laisse plus passer l’air ; 5 granules de chaque 2 fois par jour.
  • Pulsatilla 5 CH et Kalium sulfuricum 5 CH : écoulement épais et perte du goût associée, le stade de la fin du rhume ; 5 granules de chaque 2 fois par jour.
  • Pyrogenium 5 CH : à ajouter dans tous les cas dès qu’il y a de la température, quel que soit le stade ; 3 granules 3 fois par jour.

Quand deux souches se prennent ensemble, laissez fondre la première sous la langue avant de prendre la seconde. Le tableau reprend les mêmes chiffres, à garder sous les yeux.

Stade du rhumeSouche et dilutionPosologie
Premier jour : éternuements, nez qui piqueAllium cepa composé3 granules toutes les heures, jusqu’à amélioration
Le nez coule en abondanceArum triphyllum 5 CH5 granules, 2 fois par jour
Nez sec et bouchéLycopodium 4 CH et Sambucus nigra 4 CH5 granules de chaque, 2 fois par jour
Écoulement épais, perte du goûtPulsatilla 5 CH et Kalium sulfuricum 5 CH5 granules de chaque, 2 fois par jour
Température, à tout stadePyrogenium 5 CH, en plus3 granules, 3 fois par jour

Une dose ou un tube, 5 ou 9 CH, avant ou après le repas : tout le mode d’emploi est dans notre guide de l’homéopathie.

Ce que nous vous demandons au comptoir

Quatre questions nous suffisent pour situer le stade et repérer ce qui sort du rhume ordinaire.

  1. Depuis combien de jours, et par quoi cela a-t-il commencé : éternuements, gorge qui gratte, fatigue ?
  2. Votre nez coule-t-il, et comment : clair comme de l’eau, ou épais et coloré ? Ou bien est-il bouché et sec ?
  3. Avez-vous de la fièvre, et à combien ?
  4. Avez-vous mal au front, sous les yeux ou à une oreille, et est-ce d’un seul côté ?

C’est la dernière qui fait sortir du protocole : une douleur qui se fixe sur un sinus ou une oreille indique que le rhume déborde de son territoire.

Quand le rhume tourne à la sinusite

Une sinusite s’installe le plus souvent sur un rhume qui ne passe pas, et le passage se repère à la douleur. L’Assurance Maladie (février 2026) cite les signes d’une sinusite qui s’installe : écoulement jaune d’une seule narine, douleur au front, à un œil ou à une pommette, surtout d’un seul côté. Des symptômes de rhume qui durent plus d’une semaine et auxquels s’ajoutent des douleurs des sinus justifient aussi un avis médical.

À ce stade, le conseil change de logique : il se choisit d’après le type de douleur et l’aspect des sécrétions. Nous le détaillons sur notre page sinusite et homéopathie.

Le nez bouché qui ne vient pas d’un rhume

Quand l’obstruction dure et que l’odorat ne revient pas, la piste du polype se pose. Teucrium marum vise les polypes des fosses nasales, des oreilles et des paupières, ainsi que les rhinites chroniques avec nez bouché et absence d’odorat. Sanguinaria nitrica couvre les troubles respiratoires qui font suite à une polypose nasale, avec obstruction et sinusite. Une obstruction qui ne concerne qu’une seule narine et qui s’installe chez l’adulte mérite un avis ORL. Les deux souches existent en tube de granules comme en dose.

Un nez qui coule clair à chaque printemps, avec des éternuements et des yeux qui grattent mais sans fièvre, oriente plutôt vers une allergie : voir allergie et rhume des foins.

Les gestes qui aident le nez à guérir

Les soins du nez accompagnent les granules à chaque stade. L’Assurance Maladie (février 2026) conseille d’humidifier l’intérieur du nez avec du sérum physiologique, un spray d’eau thermale ou d’eau de mer, sans partager l’embout avec le reste de la famille. Mouchez-vous dans des mouchoirs jetables, jetez-les aussitôt et lavez-vous les mains.

Buvez de l’eau régulièrement. Aérez la chambre, maintenez-la vers 18 à 20 °C et évitez la climatisation, qui assèche l’air et les muqueuses du nez. La fumée de tabac favorise les infections respiratoires : c’est le moment de s’en tenir à l’écart.

Contre la fièvre ou les douleurs, le paracétamol est l’antalgique à privilégier chez l’adulte : commencer par 500 mg, sans dépasser 1 g par prise, avec 4 à 6 heures entre deux prises et 3 g par jour au maximum, pas plus de 3 jours en cas de fièvre et 5 jours en cas de douleur. L’ibuprofène et le kétoprofène sont à éviter. Les vasoconstricteurs par voie orale à base de pseudoéphédrine ne sont délivrés que sur ordonnance depuis le 11 décembre 2024, comme les sprays nasaux vasoconstricteurs.

Quand consulter sans attendre

Les complications du rhume sont très rares (ameli.fr), mais certains signes imposent de voir un médecin rapidement. Ils sont listés par l’Assurance Maladie, page « Rhinopharyngite ou rhume de l’adulte : que faire et quand consulter ? », mise à jour le 5 février 2026 :

  • une température supérieure à 38,5 °C ;
  • des maux de tête intenses, ou des vomissements ;
  • une difficulté à respirer ou à avaler ;
  • une forte douleur à une oreille, avec ou sans écoulement ;
  • une conjonctivite ;
  • des signes de sinusite, surtout d’un seul côté ;
  • une aggravation brutale, ou des symptômes qui ne régressent pas en 15 à 20 jours.

Les personnes qui ont une maladie chronique comme un diabète, une maladie pulmonaire chronique comme un asthme mal équilibré ou une BPCO, ou une immunodépression, prennent l’avis de leur médecin traitant dès le début.

À voir aussi

Qui a rédigé cette page

Page rédigée par Jean-Luc GAILLARD, pharmacien, Pharmacie Homéopathique Générale, officine spécialisée en homéopathie et préparations magistrales à Paris.

Dernière mise à jour : 20 octobre 2026.

Sources : Assurance Maladie, ameli.fr, « Reconnaître la rhinopharyngite de l’adulte », page du 20 décembre 2024, consultée le 20 octobre 2026. Assurance Maladie, ameli.fr, « Rhinopharyngite ou rhume de l’adulte : que faire et quand consulter ? », mise à jour du 5 février 2026, consultée le 20 octobre 2026. Assurance Maladie, ameli.fr, « Sinusite aiguë : que faire et quand consulter ? », page du 4 février 2026, consultée le 20 octobre 2026.

Un doute sur la souche ou la dilution à retenir : nos pharmaciens répondent au 01 45 67 18 08, du lundi au samedi.